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De la longueur des bûches

Les premières nuits fraîches vous rappellent que vous allez devoir bientôt allumer la cheminée et que votre stock de bois est bien bas. Il faut faire rentrer quelques stères de bûches. Quelles dimensions choisir et pourquoi un stère de bois n'est-il pas systématique égal à 1 mètre cube ? Voici les réponses pratiques et insolites à la fois.


Le stère ou quand une unité de mesure usuelle devient illégale !

Quand on décide qu'il est temps de "rentrer du bois", on exprime généralement ce besoin en terme de stères. Mais saviez-vous que cette pratique est prohibée depuis le 31 décembre 1977 ? L'utilisation du stère comme mesure de quantité de bois est tout simplement illégale en France voire est considérée comme étant une tromperie.

Si le se reporte à la définition d'un stère en tant qu'unité de mesure on apprend par le biais du dictionnaire qu'il s'agit de la quantité de bois de charpente ou de chauffe contenue dans un volume de 1 mètre cube. Pourtant l'usage de cette unité de mesure est proscrite par le décret n°61-501 du 3 mai 1961 relatif aux unités de mesure et au contrôle des instruments de mesure, consolidé en 2003 et récemment en 2009.

L'explication est relativement simple. Vous commandez 5 stères de bois et logiquement vous attendez à recevoir 5 mètres cubes. Vous les rangez et là stupéfaction vous n'avez occupé que 3,5 mètres cubes dans votre espace de stockage. Vous allez logiquement réclamer auprès de votre fournisseur de bois.

S'il vous a facturé en stères (ce qui est donc désormais interdit), il vous répondra que vous avez commandé 5 stères de bois en longueur de référence de 1 mètre, qu'il a coupé les bûches en 50 cm à votre demande et qu'ainsi chaque stère de 1 mètre cube s'est naturellement transformé en stère de 0,70 mètre cube environ. Sur la réalité de cette transformation, il a raison. La même quantité de bois en tronçons de 1 mètre occupe plus de volume que ce même bois tronçonné en bûche de 50 cm. Néanmoins, vous avez commandé 5 stères de bois en 50 cm et pensiez donc obtenir 5 mètres cubes de bois en 50 cm.

Pour éviter cet écueil les volumes doivent être exprimés en mètres cubes et annoncés dans la longueur de coupe souhaitée par le client. Dans la pratique, le prix des bûches en 50 cm est plus élevé que celui des bûches en 100 cm pour un même mètre cube, cela s'explique pour la raison évoquée ci-dessus ainsi que par le surcroît de travail que nécessite la refente de ces bûches en une dimension inférieure. Néanmoins cette fois-ci l'acheteur et le vendeur s'expriment de la même manière avec une unité de mesure et une unité de prix qui sont les mêmes pour chacun.

Pourquoi la longueur des bûches influe sur le fonctionnement de votre cheminée

Pour répondre à cette question, nous pouvons nous livrer à une petite expérience. Prenons une bûche de 1 mètre de longueur et 10 cm de diamètre. Transformons là en 100 bûchettes de 1 mètre de longueur et 1 cm de diamètre (oui je sais, une bûche c'est rond et mon référentiel de calcul suppose qu'elle est carrée, mais fait abstraction de ce détail purement mathématique). Donc, placez vos 100 bûchettes et allumez votre cheminée. De façon logique l'ensemble brûlera extrêmement vite en dégageant une chaleur très intense mais avec une durée inversement limitée à cette intensité. Pourquoi ?

Parce que la puissance de chauffe est directement proportionnelle à la surface de bois exposée au feu (ou plus exactement en contact avec le comburant qui ici est de l'air). Cette expérience va donc nous servir à étayer l'intérêt que nous avons à choisir plutôt de grandes ou petites bûches.

Plus les bûches seront de petite taille, plus elles se consumeront rapidement en dégageant une chaleur plus intense. Plus elles seront grandes plus ce sera le contraire. Comme vous le devinez il faut trouver la juste mesure du feu qui vous conviendra le mieux. A ce stade on peut également conclure que l'idéal serait de disposer de plusieurs longueurs de bûches pour alimenter le feu en fonction de la direction que l'on souhaite lui donner. Rajouter quelques petites bûches pour raviver un feu mourant ou rajouter une ou deux grosses bûches pour entretenir un feu déjà bien actif durant un délai plus long.

Les plus grandes bûches auront tendance à créer davantage d'encrassement si vous laissez le feu tourner à "bas régime", les petites bûches également si vous provoquez un feu trop intense. Là encore tout est une question de dosage et d'équilibre. Les appareils de cheminées modernes permettent de régler l'arrivée d'air et donc d'agir sur le tirage pour diminuer ou augmenter la puissance du feu ce qui permet de réguler l'effet exposé ci-avant relatif aux longueurs de bûches.

Puisque l'on est dans la théorie de la puissance de chauffe en fonction de la taille des bûches et morceaux de bois utilisés, profitons-en pour nous poser une question. Quelle est la taille des bois prise en compte lorsque les vendeurs d'inserts ou de  cheminées à foyers fermés expriment la puissance de chauffe de leurs matériels ? Ils ne le précisent pas. De fait les valeurs indiquées sont fantaisistes puisque vous pourriez les augmenter ou les diminuer fortement en modifiant la typologie des bûches utilisées. En divisant par 10 la taille des bûches utilisées vous augmenteriez d'autant la surface d'exposition au feu et proportionnellement la puissance de chauffe exprimée ! Vous pouvez également imaginer le scénario inverse. Partons donc du principe que les valeurs sont exprimées avec des bûches moyenne et un bois de qualité convenable tout en sachat que ces chiffres "commerciaux" n'ont par définition que peu de valeur.

Il faut également pondérer l'importance de la longueur des bûches en considérant le taux d'humidité du bois que vous brûlez. En effet, il faut savoir que le bois perd 1 kWh par kg par tranche de 10 % d'humidité supplémentaire. Un bois trop sec brûlera trop vite en dégageant beaucoup de chaleur ce qui se révèlera contreproductif et coûteur, à l'inverse un bois trop humide produira peu (trop peu) de chaleur durant une période longue avec également comme inconvénient d'encrasser considérablement vos conduits de cheminée.

On aurait pu imaginer acheter son bois "au poids", mais le dernier point abordé concernant le taux d'humidité est tout simplement dissuasif. Il faut en effet 18 mois dans des conditions optimales pour que le bois atteigne un taux d'humidité permettant le meilleur compromis de chauffe, c'est-à-dire le meilleur rendement de chauffe durant la plus longue période. Or à ce stade ce même bois aura perdu un part importante de son poids d'origine. Acheter son bois au poids inciterait les marchands à le vendre avec un taux d'humidité le plus élevé et au final amènerait à nouveaux à des abus vis-à-vis d'une clientère insuffisamment avisée.

Pour en revenir à la question initiale à savoir quelles longueurs de bûches privilégier, la réponse est la suivante.

  • Vous choisirez la longueur de vos bûches en fonction de la capacité de votre foyer de cheminée à fortiori si celui-ci est fermé ou si vous utilisez un insert.
  • Vous utiliserez des bûches plus petites, 30 cm voire 25 cm pour avoir un feu plus vif et des bûches de 50 cm pour un feu destiné à tenir dans la durée. Si vous avez une grande cheminée des bûches de 1 mètre pourront également se révéler convenir à l'entretien de votre feu.
  • Vous adapterez la taille des bûches en fonction du taux d'humidité de celles-ci.  Des bûches relativement humides brûleront mieux si elles sont débitées en plus petite taille. Attention, toutefois, un taux d'humidité trop élevé sera rédhibitoire quelle uue soit la taille des bûches.
  • Vous choisirez également la taille des bûches en fonction des facilités de stockage et de manipulation qui sont les vôtres. Plus les bûches sont petites plus elles sont faciles à manipuler.
  • Enfin, vous choisirez la tailles des bûches en fonction de tous ces éléments et également en fonction de la variation de prix que cela implique lors de leur achat, au mètre cube réel, et non au mètre cube apparent qui fait référence uniquement aux bûches de un mètre de long.

Puisque vous avez bien bûché votre sujet, terminons par un petit conseil simple et pratique, comment allumer votre feu de cheminée plus facilement.

Que vous utilisiez de allume-feu, des brindilles, pignes de pin,  bois de cagettes ou autres, essayez de ne pas les placer sous les bûches comme cela se fait habituellement mais plus simplement au dessus de celles-ci. Vous constasterez que votre feu démarrera plus facilement tout en produisant moins de fumée noirâtre et désagréable.  Parmi les autres conseils à suivre notamment en hiver, sachez qu'il vaut mieux utilisez des bûches que vou aurez laissées près du feu durant quelque temps pour qu'elles montent en température plutôt que du bois très froid sortant de la remise qui n'est pas chauffée. Le bois froid se consumant mal et émettant davantage de fumées.

Une petite vidéo d'exemple pour illustrer la meilleure façon de démarrer un feu avec un minimum de fumée. (Source: Amt für Umweltschutz des Kantons Zug, CH-6301 Zug).

 

L'humidimètre, un allié pratique pour l'utilisation de vos bûches

Nous avons évoqué la nécessité pour bénéficier d'un bon feu et éviter d'encrasser inutilement vos conduits de cheminée d'utiliser des bûches qui ne soient pas excessivement humides. Si les anciens savaient du premier coup d'oeil, en cette matière, trier le bon grain de l'ivraie, c'est aujourd'hui une opération plus délicate car nous ne manipulons pas du bois à longueur d'année. Il existe un petit appareil de mesure, nommé humidimètre, que l'on peut se procurer, pour les modèles les moins chers, pour environ une vingtaine d'euros. Ces appareils permettent d'utiliser votre cheminée, votre insert ou votre poêle en sachant quel est le taux d'humidité des bûches que vous allez y placer. En plaçant les deux pointes de l'appareil dans vos bûches vous en connaîtrez immédiatement la teneur en eau. En dessous de 20 % votre bois est "sec", il brûlera donc parfaitement. Entre 20 et 25 % cela reste acceptable, mais au delà de 25 % vous devrez faire sécher votre bois avant de l'utiliser. Il ne s'agit pas là que d'une mesure visant à obtenir un meilleur rendement calorifique mais également d'une mesure de sécurité car du bois trop humide crée un phénomène d'encrassement prématuré des conduits de cheminée, ce qui rend l'utilisation de cette dernière potentiellement dangereuse. Cet appareil est très pratique, il faut toutefois avoir conscience qu'il ne fournit qu'une valeur indicative puisque celle-ci est collectée à l'extérieur de la bûche, il faut donc éviter de tester à l'humidimètre du bois mouillé par exemple.
 

Du bon usage des bûches, le séchage du bois

Lors de l'abattage des arbres on obtient dans un premier temps des grumes, c'est-à-dire un tronc d'arbre abbatu, ébranché et encore recouvert de son écorce. A ce stade, le niveau d'humidité du bois peut atteindre 75 %, ce qui est la cas de l'aubier, la partie extérieure la plus jeune. Ce bois est ensuite débité, pour le bois de chauffage, en bûches de grande taille qui seront stockés en vue notamment de leur séchage. Les gros rondins nécessitent d'être fendues avant la mise en séchage. En outre le stockage du bois doit se faire à l'abri des intempéries, protégé de la pluie mais tout de même bien ventilé. Dans de bonnes conditions le bois ainsi stocké mettre environ 18 mois à sécher pour atteindre un niveau optimal avant son utilisation dans votre cheminée. Sachez qu'il existe également des procédés de séchage artificiel dont certains modèles recourent à l'énergie solaire pour accélerer le processus. De façon plus classique on trouve des séchoirs ventilés, sortes de gros containers grillagés et ventilés mécaniquement (sur le principe des séchoirs à maïs).

Toutes les essences de bois ne sont pas égales, tant du point de vue du séchage que de leurs qualité de brûlage. Le hêtre est l'un des bois les plus adaptés au chauffage, sous réserve d'avoir été correctement refendu avant son séchage et que ce dernier soit réalisé dans de bonnes conditions, on dispose alors d'un bois avec un très bon rendement calorifique pour votre cheminée ou votre poêle à bois. Le chêne est aussi un très bon combustible mais contrairement à ce qui a été dit précédemment, on doit le laisser non couvert durant deux ans pour que les pluies puissent le débarrasser des tanins qu'il contient, ensuite il faudra le faire sécher durant encore une ou deux années, ce qui rend son usage forcément plus complexe et coûteux. Bien préparé, le chêne est un bois qui produit beaucoup de chaleur et dure longtemps. Le bouleau, contrairement au chêne est un bois tendre, il produira beaucoup de chaleur mais aura une durée de consomption relativement faible. Le tilleur, le marronnier, le saule, le peuplier offrent des rendements calorifiques faibles, ils sont donc achetés au volume moins intéressants que le bouleau, le hêtre ou le chêne. Le charme et le frêne sont des bois qui constituent d'excellents combustibles, mais leur rareté fait que vous n'en disposerez généralement pas. Le cas des bois de résineux est particulier. S'ils chauffent extrêment bien ils ont également de gros défaut, puisque la résine qu'ils contiennent provoque des éclats et projections et que leurs fumées encrassent dans des proportions très élevées les conduits de cheminées et tout l'appareillage en général si vous utilisez un foyer fermé, un insert ou un poêle à bois.

Il reste enfin à préciser que vous devez proscrire l'utilisation de bois de récupération, aussi bien le bois de palettes que celui provenant d'anciennes traverses de chemin de fer par exemple. Les traitements qu'ils ont subi les rendent potentiellement dangereux du fait de l'émanation de vapeurs toxiques.