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Histoire de la cheminée

La cheminée était autrefois le lieu le plus important de la maison. Le foyer, de la cheminée, permettait de se prémunir du froid et était utilisé pour la préparation des aliments. Son rôle considérable à petit à petit évolué, la cheminée devenant un élément de confort et d'esthétisme, ce qui n'a pas empêché tous les corps de métiers qui concourraient à sa mise en oeuvre de participer à sa perfection autant du point de vue de son intégration que pour l'amélioration et l'optimisation de ses performances. De nombreux outils et accessoires de cheminée ont également vu le jour, que l'on retrouve aujourd'hui et qui en plus d'être pratiques concourrent à la décoration de votre intérieur. Tout comme les meubles, la cheminée à suivi une longue évolution dans le temps avec des périodes caractéristiques déclinées sous les noms de différents styles et époques.


La cheminée de l'antiquité au XIIème siècle

Ce n'est pas un hasard si le terme de foyer, qui désigne originellement l'endroit où l'on fait le feu dans une cheminée est devenu par glissement sémantique, le nom commun désignant l'endroit où vit la famille. Les décorateurs d'intérieur ont toujours réservé à la cheminée une place de premier ordre, dans les muliples pièces de la demeure. L'existence de cheminées dans l'antiquité a longtemps fait polémique.

Si le feu accompagne l'homme depuis la préhistoire, les premiers conduits de cheminées que l'on identifie comme tels remontent à la période de l'Antiquité essentiellement dans les vestiges gréco-romains sur les contours de la mer méditerranéenne. La découverte de Pompéi a confirmé les assertions de deux célèbres écrivains dans ce sens, le savant italien Octavio Ferrari et plus tard Boissy d'Anglas dans un article publié dans le Journal de Paris en juillet 1787. Selon les récits d'Horace, les cheminées de l'époque étaient réservées aux maisons les plus opulentes, elles étaient de façon générale placées au centre de la pièce et l'évacuation des fumées laissait à désirer.

Les premières cheminées adossées à un mur, n'apparaîssent dans notre pays qu'au XIème siècle. Précédemment le chauffage des maisons s'opérait pour l'essentiel à l'aide de brasiers que que l'on déplaçait et que l'on portait à bras.

Les cheminées au Moyen Âge :

Les cheminées s'installent contre les murs, ou plutôt les murailles, vu l'épaisseur de constructions, généralement en leur centre avec des dimensions importantes, en raison des dimensions des pièces elles-mêmes. Dans certains châteaux, l'âtre prend de telles dimensions qu'on y installe des bancs latéraux, elle constitue de fait une pièce à part entière. On attribue d'ailleurs l'expression "causer sous les manteau", aux secrets et aux ententes qui étaient échangés et scellés à cet endroit. Certaines cheminées sont également pourvues de niches à sel afin de conserver au sec cet élément précieux.

Ces cheminées sont pour l'essentiel réalisées en pierre et directement construites dans la maçonnerie. Le foyer est encadré par deux jambages couronnés d'un manteau, l'ensemble étant surmonté d'une hotte. En fin de Moyen Âge, les cheminées ont tendance à être de plus en plus installées en saillie. Dans les maisons et les fermes, les cheminées centrales sont encore beaucoup utilisées, notamment dans les pièces de service, elles cumulent toujours le double emploi de chauffage et de point de cuisson. Elles adoptent une forme conique ou en forme d'entonnoir invitant les fumées à s'échapper par le centre de la toiture, les gens se réunissant autour de ces foyers circulaires.

Ces cheminées constituent également le fumoir permettant de conserver les aliments. Petit à petit ce système de cheminées centrales sera abandonné, avec quelques essais infructueux de lui redonner de nouvelles formes, au profit des cheminées adossées apportant de nombreux bénéfices, à tous les niveaux. La cheminée adossée, complétée par un contrecoeur en forme de plaque de cheminée, renvoie la chaleur vers l'intérieur de la pièce offrant plus de confort et un meilleur rendement pour le bois brûlé.

C'est également au Moyen Âge que le clergé entreprend les premiers recencesement de population, les décomptes se font par "feu", un feu correspondant de façon générale à la présence d'une dizaine de personnes, c'est ainsi qu'un foyer devient synonyme d'une maisonnée, d'une famille.

Les cheminées du XIIème au XVème siècle :

Petit à petit les cheminées qui bénéficiaient d'une envergure considérable au Moyen Âge sont ramenées à des proportions plus raisonnables, assurant ainsi une meilleur fonctionnement en évitant les refoulements de fumées qui se répendaient dans les pièces. Les cheminées deviennent également un support décoratif de premier ordre dans les grandes demeures, ces dernières se voient d'ailleurs souvent équipées de plusieurs cheminées.

Durant cette période, les cheminées n'évoluent pas énormément quant à leurs caractéristiques, elles ont toutefois tendance à se généraliser et à prendre place y compris dans les demeures plus modestes. A partir du XIVème siècle, la cheminée devient outre son aspect fonctionnel un attribut à part entière de la décoration. Ces cheminées s'ornent de façon singulière de toutes sortes de décorations, des chevaux, des anges, des armes ou figures allégoriques envahissent les frontons de cheminées, sans pour autant que le fonctionnement de ces dernières ne soit véritablement amélioré, avec toujours des tirages très importants qui ont tendance à épuiser rapidement les réserves de bois. En outre, l'air chaud s'échappant par le conduit de la cheminée est invariablement remplacé par de l'air frais voire froid venant de l'extérieur. Des améliorations fonctionnelles sont pour le moins nécessaires.

XVIème siècle : l'avènement de la cheminée "moderne" :

L'arrivée de cheminées à âtres réduits, non plus seulement adossées au mur, mais construites "à la romaine" (affleurée à la paroi externe avec son tuyau pris dans l'épaisseur du mur) ou en saillie franche, c'est-à-dire avec un manteau totalement en dehors et avec un contrecoeur affleurant le nu du mur. Ce double mode de construction tend à réduire considérablement la taille des foyers et celles des cheminées, à offrir un tirage plus doux et facilement maîtrisable et donc un meilleur rendement pour le bois utilisé. Il devient également plus aisé d'installer ces cheminées et donc d'en équiper les différentes pièces de la maison.

Sur l'ensemble du territoire il faudra un siècle et demi pour passer des anciennes cheminées aux nouvelles, les châteaux ayant pour nombre d'entre-eux tendance à conserver de grandes cheminées, pour leur aspect monumental et au détriment de leur efficacité.

Lorsque les châteaux se convertissent aux cheminées de petite taille offrant un véritable confort, on va dans certains cas extrêmes jusqu'à les compter par centaines, comme au XVIIème siècle dans certains châteaux royaux et notamment tous les lieux où résidait régulièrement la Cour. Pour exemple, en 1678, une facture de ramonage ayant trait au château de Fontainebleau dénombre un travail excécuté pour pas moins de 450 cheminées.

Le métier de ramoneur est, par définition, né de la mise en place de conduits de cheminées, dont il convenait chaque année d'enlever la suie accumulée le long de parois, de nombreux enfants, embauchés très jeunes (à partir de 6 ans) étaient employés à cette tâche. Ils devaient s'infiltrer dans les conduits pour procéder à leur nettoyage, cet environnement étant très toxique, ils mouraient jeunes. Cette toxicité à induit l'apparition d'outils spécialisés notamment de hérissons téléscopiques. Ce n'est qu'en 1914 qu'une loi interdit, en France, l'emploi d'enfants en guise d'apprentis, notamment pour ce type de travaux de ramonage.

A la fin du XVIIème siècle, une grande chambre dépourvue de cheminée, y compris en province, est considérée commune une rareté, en ville et notamment à Paris les cheminées présentes sur les toits sont si nombreuses qu'elles sont regardées, en périodes venteuses, comme un véritable danger par nombre de passants.

Si la structure des cheminées a eu une aussi grande influence sur leur nombre, elle a également grandement modifié les matériaux utilisés pour son élaboration. Les manteaux de cheminées sont pour un grand nombre désormais élaborés en bois avec de délicates moulures et sculptures, des peintures brillantes et des ornements en dorures. Si l'âtre a perdu en taille, les profils de cheminées quant à eux ont tendance à servir de pièces d'ornementation et gagnent en volume, avec des formes plus originales et travaillées.

Dans les châteaux et grandes demeures, les manteaux de cheminées sont surmontés de miroirs, de portraits, de sculptures, de tableaux prestigieux réalisés à dessein, c'est-à-dire en fonction de la cheminée à orner. Des artistes, ébénistes, peintres ou sculpteurs, de haut rang et de grande renommée interviennent dans la décoration des plus belles cheminées.

Tout intéressant qu'il soit à travailler, au même titre que pour les meubles, le bois reste un matériau combustible et donc peu adapté à servir dans un environnement immédiat de l'âtre. C'est pour cette raison qu'il sera dans de nombreux cas remplacé par du marbre. Ce dernier permet une ornementation finement travaillée tout en offrant l'incombustibilité de la pierre. Le porphyre est également employé, il s'agit d'une roche magmatique, très dure, présentant des cristaux de feldspath. L'usage des marbres dans la construction des cheminées se généralise sous Louis XIV.

XVIIIème siècle : le marbre permet des créations magnifiques

Faisant intervenir des marbriers et sculpteurs de premier rang, les chambranles se couvrent de représentations aussi magnifiques que finement réalisées. Souvent, pour les réalisations les plus prestigieuses, le bronze doré, finement ciselé se joint au marbre pour des ornementations toujours plus artistiques. Certaines cheminées deviennent de véritables oeuvres d'art que l'on visite à la façon d'une pièce de musée, pour en admirer, sous tous les angles, les prouesses artistiques dont elles ont bénéficié.

Le XVIIIème siècle correspond également à une période où les miroirs étaient très à la mode et appréciés. Aussi les chambranles des cheminées sont singulièrement abaissés pour que l'on puisse se voir dans les glaces disposées en décoration sur les manteaux. Les trumeaux de glace garnissant les manteaux amènent ainsi les cheminées des grandes demeures et châteaux à se rapprocher des cheminées de petites dimensions qui s'étaient généralisées pour leur meilleur rendement et leur plus grande facilité de mise en oeuvre.

Face à la diminution de la taille des âtres, les landiers de forte stature et les majestueux cheminaux laissent leur place à des chenets plus adaptés. Les grilles de cheminées, les pinces à bûches, pelles à cendres et autres tenailles et tisonniers se proportionnent et adoptent les tailles et formes des objets que nous connaissons de nos jours. Le chambranle situé au dessus de l'âtre dont les contours avaient été mouvementés se transforme en une tablette destinée à poser glaces et autres objets décoratifs, également dans une forme que nous connaissons toujours.

Les "garnitures" de cheminées font leur apparition.

Cette tablette de cheminée, devenue commune, semble désolemment triste et nue et amène logiquement à l'apparition d'objets décoratifs destinés à l'ornementation de la cheminée. On citera quelques exemples de ces garnitures de cheminées : les vases de porcelaine, les "pièces mécaniques", entendez par là, par exemple, les horloges d'époque, les pendules de cheminées étaient souvent entourées de deux candélabres ou de girandoles... Ces garnitures de cheminées généralement en bronze ou en marbre sont restées très courantes et ornent encore de nombreuses cheminées de nos jours.

Les fermetures pour cheminées font aussi leur apparition

Les cheminées, en période douce ou chaude sont inutilisées, ce qui naturellement a amené à les clore ou à les décorer. Cette notion de fermeture a à elle seule également toute une histoire avec au passage quelques anecdotes historiques pour le moins cocasses.

Les cheminées du Moyen Âge auraient permis à deux hommes d'emprunter le passage ainsi créé vers l'extérieur, aussi et surtout dans les pays du nord, l'habitude fut prise de barricader les entrées de cheminées avec des armatures adaptées en bois qui garnissaient parois et conduits. L'autre avantage de ces constructions en bois était qu'elles empêchaient la suie de tomber dans la pièce en dehors des périodes d'utilisation de la cheminée, ainsi que les pluies d'inonder la pièce lors des fortes averses. Dans les pays du sud, l'usage était plus simplement de garnir les cheminées de plantes, branchages et feuillages.

Selon certains récits, l'amiral de France Guillaume Gouffier de Bonnivet, l'un des principaux conseillers de François Ier, alors qu'il était en galante compagnie de Madame de Châteaubriant, fut sur le point d'être surpris par son roi qui se présenta sans s'être fait annoncer. La dame fit cacher l'amiral dans le feuillage placé dans la cheminée, ce qui était d'usage pour raffraîchir les appartements en été. Le roi, après un entretien vif et animé, se livra à une autre habitude de l'époque, qui aujourd'hui aurait de quoi surprendre, il alla soulager un besoin pressant en inondant les "feuillards" de la grande cheminée, arrosant le malheureux amant.

Plus tard, il fut d'usage de dissimuler l'entrée de la cheminée par des draperies et tapisseries tendues. Toutefois, sous Henri II, ces aménagements légers paraissent insuffisants et ce dernier fit fermer les cheminées, par des portes de fer, notamment celle de la reine ainsi que celle de la duchesse du Valentinois. De sorte, notamment, à ce que personne ne puisse se dissimuler dans ces grandes cheminées. L'usage de ces fermetures en fer, dont l'objet premier était semble-t-il de protéger l'honneur des maris, persista jusqu'au XVIIème siècle.

Une nouvelle mode fut ensuite de laisser ouvertes les cheminées et de placer au fond des foyers des perspectives et illustrations peintes sur des toiles. On plaçait également dans ces mêmes foyers de cheminées des pots de fleurs et de verdure ou encore de petits rochers décoratifs. C'est également à cette époque que l'on entend pour la première fois parler des cheminées à ressort, ou cheminées tournantes.

Monsieur de la Popelinière, riche financier dévoré par la passion de la poésie, de la littérature et des arts, est passé à la postérité du fait de sa cheminée et de l'usage qu'en fit madame de la Popelinière. Cette cheminée était en effet habilement montée sur gonds et tournant doucement ouvrait sur un passage aboutissant dans la maison voisine. C'est par cet appareil peu commun que Mme de la Popelinière introduisit chez elle le maréchal de Richelieu. La malignité publique rendit Monsieur de la Popelinière célèbre pour son passage secret utilisé aux dépends de son honneur de mari. Des miniatures en carton, campant l'ingénieux système et les deux amants furent même vendues l'année suivante aux galeries du Palais. Des poêmes ventant avec moquerie, les mésaventures du mari et les mérites de ces cheminées à ressorts furent également publiés. Une publicité dont l'intéressé se serait bien passé.

Une invention aujourd'hui disparue fut les "devants de cheminées". Il s'agissait d'éléments que l'on plaçat devant l'embouchure de la cheminée, constitués de feuilles de cuir, de toile ou de papier historié, tendues sur un châssis. On parlait également à l'époque de "papiers de cheminées" pour nommer ces éléments décoratifs.

Les rideaux coulissants, généralement en tôle, firent leur apparition au XVII et XVIIIème siècles, permettant une fermeture aisée et hermétique des foyers de cheminées. L'esthétisme avait toutefois laissé le pas à l'aspect pratique. Ces plaques de métal avaient également un autre objectif, à savoir interrompre toute communication et appel d'air en cas d'incendie et ainsi d'empêcher ou tout au moins de ralentir la propagation du feu. Les inventeurs avaient mis au point cette technique à la suite d'un incendie de cheminée dans la chambre du cardinal Fleury, qui fut "de facto" le ministre principal du jeune roi Louis XV. Ce dernier fort affecté par la nouvelle du sinistre se transporta sur les lieux ce qui eu un grand retentissement à la Cour et incita à l'étude et la mise au point de solutions pour faire face à ce genre de situations. Plusieurs systèmes furent mis au point dont celui de Monsieur de Lagny permettant tout à la fois de fermer la cheminée pour y conserver les braises vives, de créer une sûreté contre le feu et de protéger la pièce contre d'éventuelles descentes de cendres et de suie depuis le tuyau de la cheminée.

Le XVIIIème siècle fût celui où la plus grande avancée en matière de cheminée, se matérialisa sous la forme de solutions techniques permettant enfin d'empêcher les refoulements intempestifs de fumées. Les fumistes promettaient alors de garantir leurs clients, aussi bien pour les cheminées que pour les poêles, contre les fumées inopportunes.

La cheminée de Savot

L'autre grande avancée de la fumisterie, quelque temps plus tôt, fût celle de l'architecte français Savot, qui construisit au Louvre une cheminée utilisant le contact des parois chaudes du foyer pour échauffer l'air de la pièce. L'air frais était aspiré dans la pièce, réchauffé sans fumées, puis refoulé par des "bouches de chaleur". Savot est donc l'inventeur du chauffage de l'air par des parois avec lesquels il est mis en contact. L'air est pris dans la pièce, au devant de l'âtre, passe sous la plaque du foyer, monte derrière le contrecoeur en fonte et ressort enfin à l'avant par deux bouches de chaleur. Savot est un précuseur dans le sens où il démontre et fait connaître que l'on ne peut se satisfaire de la chaleur émise par le seul rayonnement du foyer.

Le foyer de Dalesme

En 1686, à la Foire de Saint-Germain, un ingénieur nommé Dalesme, présente une machine qui "consume" la fumée de cheminée. Il s'agit d'une machine portative, qui malgré son faible volume est capable d'absorber la fumée de toutes sortes de bois. "De manière à ce que l'oeil le plus sensible ou le nez le plus délicat et bien que le feu fusse parfaitement à découvert, ne puissent le percevoir".  La présentation du produit indique également à l'époque que les choses les plus puantes ne produisent plus aucune odeur lorsqu'elles sont traitées par cette machine. Dalesme a de fait inventé le premier appareillage fumivore connu.

D'un point de vue technique, le foyer de Dalesme était un appareil de combustion dont la flamme, au lieu de s'élever verticalement était dirigée vers le combustible, elle était donc renversée. La fumée et les gaz produits étaient ainsi brûlés. L'inventeur de la combustion à flamme inversée inspira de nombreux autres créateurs qui améliorèrent son système. Les inventions techniques relatives à la cheminée sont légion durant tout le XVIIIème siècle et toutes ces inventions ont à nouveau tendance à provoquer une diminution de la taille des foyers.

La cheminée de Gauger

Nicolas Gauger, avocat au Parlement de Paris, publie en 1714 un traité intitulé "La Méchanique du feu, ou l'art d'en augmenter les effets et d'en diminuer la dépense, contenant le traité des nouvelles cheminées". Ce traité regorge de règles expérimentales applicables à la construction de foyers. Il propose des constructions ou le feu dispense plus de chaleur à la pièce "par transpiration" que par son rayonnement direct et réfléchi. Il propose une forme de foyer parabolique plus apte à capter et restituer la chaleur du foyer ainsi que l'ajout de prise d'air extérieur située à l'avant du foyer permettant d'assurer un soufflage sur le feu. Gauger vient ainsi d'associer l'art du chauffage à celui de la ventilation. Malheureusement les travaux de Gauger, ne seront pas considérés à leur juste valeur, qui constitue une véritable évolution voire une révolution dans l'art de la construction de cheminées modernes.

Les cheminées à la prussienne

Les premières cheminées entièrement en tôle apparaissent en 1745, on les nomme successivement "cheminées économiques", "cheminées portatives", "cheminées à la Nancy" ou encore "cheminées à la Lorraine", pour au final leur donner le nom de "cheminées à la prussienne". Ces dernières seront décriées pour certains points qui les rendent incommodes, comme par exemple les difficultés propres au ramonage ou encore le fait que les feux n'y durent pas aussi longtemps sans intervention que dans une cheminée traditionnelle.

La cheminée à double foyer

Inventée par M. Manfard, architecte, en 1759, la cheminée à double foyer avait deux objectifs, le premier étant de lutter contre les fumées indésirables et le second de réaliser d'importantes économies lors de la construction d'une maison. Placée entre deux pièces, par exemple un cabinet et une chambre, elle pivote sur elle-même et offre le feu attisé du côté que l'on souhaite. On parle également de cheminées  tournantes à cette époque. Techniquement le haut de la cheminée est pourvue d'une vis sans fin et la partie basse repose sur un pivot fixé au plancher.

La cheminée de Franklin ou foyer de Pensylvanie

C'est en 1778 que l'invention de M. Franklin, l'illustre inventeur du paratonnerre, est plebiscitée pour son efficacité, à savoir qu'elle utilise peu de bois pour produire beaucoup de chaleur et se révèle véritablement efficace contre les retours de fumée. L'explication technique de l'époque semble révéler une maîtrise technique avérée :

"Extrait" : Prenez au mileu de votre cheminée la largeur de deux pieds. Elevez de chaque côté un petit mur en briques étroites ou en briques ordinaires mises de champ, ou bien une languette de plâtre épaisse de deux pouces. Posez sur les deux petits murs, à six ou huit pouces au dessous de votre chambranle, un double châssis de fer garni d'une plaque mobile ou tiroir de tôle ou de cuivre. Bouchez avec deux planches de plâtre le haut de deux loges latérales et le dessus du châssis jusqu'au manteau, de manière à ce qu'il n'y ait aucun passage pour l'air du tuyau de la cheminée dans ces loges. Ainsi, vous avez au milieu un espace de deux pieds en largeur qui vous servira d'âtre. Quand vous voudrez faire du feu, vous sortirez en partie le tiroir du double châssis. Plus il fera de vent, plus la chambre est petite, plus votre feu sera faible, moins vous ouvrirez ce tiroir. La partie hors du châssis forme devant la cheminée une petite table fort commode pour poser ce que l'on veut tenir chaud.

Dans ses écrits sur ses nouveaux "chauffoirs", Franklin critique l'efficacité de la cheminée de Gauger, inventeur français l'ayant quelque peu devancé sur ses réflexions. Pourtant, Franklin commet plusieurs erreurs fondamentales pensant que le feu rayonne davantage en direction verticale qu'en direction horizontale. Il n'a pas saisi que c'est le courant d'air chaud généré par le feu qui emporte les gaz et donne une apparence de rayonnement supérieur dans le sens vertical. Principe qui avait été totalement compris et mis à profit par Gauger. Paradoxalement l'invention de Franklin, eu égard à sa célébrité et son autorité scientifique, induit une évolution rétrograde de la cheminée.

La cheminée de Montalembert

En 1783, le marquis de Montalembert, ancien ambassadeur de France en Russie, propose une nouvelle cheminée de son invention, connue sous le nom de cheminée de Montalembert, mais qu'il nomme initialement cheminée poêle. Sur le principe général cette cheminée est pourvue d'un long tuyau qui serpente plusieurs fois, dans le sens de la hauteur, dans un bloc de maçonnerie, avec un avancement en saillie par lequel la chaleur est transmise à la pièce. Un système de soupapes permet de gérer de façon astucieuse les différents courants d'air chaud induits. Il s'agit d'un perfectionnement représentant une avancée conséquente dans le sens où la chaleur est plus largement distribuée à la pièce puisque demeurant plus longtemps dans les conduits et que la maçonnerie est chauffée et continue à diffuser de la chaleur même après l'extinction du feu. Cette invention, encore une fois française, sera toutefois attribuée à tort à un prussien, Sachtleben, qui 29 ans plus tard publiera un ouvrage sous le nom de "L'Art d'économiser le bois".

La cheminée pluricombustible du sieur Mabeu

En 1787, une cheminée capable de brûler à volonté du bois ou du charbon de terre est introduite par le sieur Mabeu. Il s'agit d'une tentative quelque peu en avance sur son temps, dans le sens ou la houille est à l'époque un combustible systématiquement dédaigné par le public, tout du moins en France.

La cheminée en fonte du sieur Desarnod

En 1789, le modèle de cheminée en fer fondu (en fonte) inventé par le sieur Desarnod, architecte de Lyon, est expérimenté dans les salles de l'Hôtel de ville par les prévôts des marchands et échevins de Paris. Cette cheminée avec un fort coefficient de restitution de chaleur, on parle alors d'équipement calorifère, est mise à l'épreuve durant plusieurs jours d'affilée pour un chauffage au charbon, à la tourbe et au bois.

La cheminée de Rumford 

Chiffres à l'appui, les comptes-rendus scientifiques de l'époque, nous sommes à la toute fin du XVIIème siècle, et plus précisément en 1796, ventent les méritent calorifères exceptionnels du modèle de cheminée qui va devenir une véritable référence, la cheminée de Rumford.

C'est à partir de là, le modèle sur lequel vont être construites la plupart de cheminées, notamment en France et dont une grande partie subsistent de nos jours.

Or, ce modèle de cheminées constitue en réalité une véritable reculade scientitique et technique. Alors que Lavoisier, célèbre pour sa participation à la nomenclature chimique, pour avoir nommé l'oxygène et de façon plus malheureuse pour son passage à la guillotine en 1794 à Paris, avait établi de façon scientifique les principes de base de la thermo-dynamique moderne, travaux qui constituaient le socle sur lequel il fallait s'appuyer, en surplus de ceux proposés par Gauger, pour améliorer et développer les nouveaux modèles de cheminées, la cheminée de Rumford bât en brèche ces principes fondamentaux et installe pour de longues décennies, dans nos foyers, de cheminées à la construction scientifiquement inepte.

La cheminée de Rumford, se caractérise par son avancement du foyer dans la pièce et un rétrécissement, par deux parois verticales obliques, de l'ouverture de départ à la partie inférieure du conduit d'échappement. Cette cheminée ne dispose ainsi d'aucune prise d'air extérieure et les 3/4 de la chaleur produite sont directement évacués vers le conduit de cheminée, elle n'est pas non plus pourvue de bouches de chaleur. Malgré toutes ces faiblesses de son modèle de cheminée, Benjamin Rumford, dont la Royal Society décerne depuis 1800, et jusqu'à ce jour, une médaille et l'American Academy of Arts and Sciences decerne le Prix Rumford, est devenu particulièrement célèbre pour ses travaux dans les domaines scientifiques relatifs aux phénomènes thermiques et optiques. Le comte de Rumford avait à l'origine versé une somme de 5000 dollars américains destinée à financer la création de ce prix scientifique décerné tous les deux ans. Un prix et une célébrité qui indirectement auront coûté fort cher à des millions de personnes avec son modèle de cheminée considéré à tort comme étant ce qu'il pouvait se faire de mieux. Le XIXème siècle commençait donc avec une rétrogradation technique, scientifiquement validée faisant revenir l'art du chauffage à près de deux siècles en arrière avec un modèle inférieur en efficacité à celui de Gauger datant de 1714.

Les invention du XIXème siècle en matière de cheminées

En 1828, le professeur Péclet, qui exerce à la faculté de Sciences de Marseille publie le Traité de la chaleur considérée dans ses applications, traité dans lequel figure la description d'une cheminée ventilatrice, mais tout comme Franklin avant lui, il ignore en grande partie les fondamentaux développés par Nicolas Gauger et quoique astucieuse, sa cheminée reste inférieure en efficacité à celle de son prédecesseur.

Conscient des faiblesses de son invention, Péclet récidive en 1843, puis en 1861, avec un appareillage en partie amovible prenant place dans le foyer de la cheminée. Il semble cette fois-ci s'être attaché à améliorer le système de cheminée précédemment proposé par Franklin qu'il perfectionne notablement. Toutefois, cette nouvelle mouture fait toujours l'impasse sur une prise en charge indépendante du chauffage et de la ventilation.

L'architecte Fondet est connu pour son système qui fût l'un des plus usités à Paris. Avec son modèle de cheminée, l'air pris à l'extérieur est dirigé en dessous de l'âtre au sein d'une rangée de tubes surmontant un coffre en fonte aboutissant à un tuyau horizontal dont chaque extrêmité débouche sur un montant latéral de la cheminée par des bouches de chaleur. Bien qu'il fût amélioré, notamment par Cordier, Gireaudau et Jalibert puis par Maillot, ce type de cheminée fort repandu n'offrait pas un rendement exceptionnel, ce qui fût dénoncé notamment par le général Morin, qui disposait d'un point de comparaison avec les travaux effectués pour l'armée, notamment pour le chauffage de casernes, par le capitaine Belmas, officier de génie ayant réalisé d'excellents travaux. Ces derniers furent d'ailleurs à tort attribués à Doulas-Galton un officier qui supervisa l'équipement de casernes et hôpitaux anglais selon les concepts mis à jour par Belmas. Les résultats obtenus avec les procédés mis au point par le capitaine Belmas, constituaient un référentiel permettant de considérer les cheminées Fondet et les modèles déclinés comme peu performants. Le rapport de rendement entre les cheminées "militaires" et les cheminées "civiles", était d'environ 35 % pour les premières contre seulement 10 à 12 % pour les secondes.

Parmi les curiosités, on citera également la cheminée de Besana, une cheminée à flamme inversée chauffant un ensemble de tuyaux montant en faisceau vertical. Ce système bien qu'à priori performant n'a pas été vulgarisé au même titre que ceux évoqués précédemment.

La cheminée Berne, quant à elle se proposait d'être particulièrement efficace contre les effets des vents forts en empêchant tout refoulement intempestif de fumée. Installée au port de Dunkerque, elle put démontrer, exposée à des conditions très dificiles que cette promesse technique était tenue.

L'esthétisme des cheminées redevient la priorité

Le XIXème siècle est riche en matière de déclinaisons et d'améliorations en ce qui concerne les cheminées. Celles-ci devenant accessibles à tout un chacun, même si les modèles les plus répandus ne sont pas les plus efficaces, elles reprennent petit à petit une logique respectant en premier lieu des impératifs esthétiques. Les cheminées de style Empire s'inspirent des éléments d'architecture de ce même style, empruntant leurs ornementations à l'antiquité gréco-romaine, à la mythologie et au règne animal, avec des cheminées réalisées en marbre souvent garnies de bronzes dorés finement ouvragés.

Les périodes Restauration et Louis-Philippe, ne sont pas très prolifiques en matière d'innovation quant aux cheminées, il faut ainsi attendre le Second Empire pour que se dessinent de nouvelles tendances, souvent très marquées. Ainsi les cheminées de style Napoléon III font preuve d'un haut niveau créatif avec des sources d'inspiration multiples et éclectiques, réinterprétant avec luxe, notamment les modèles créés du Moyen Âge jusqu'au XVIIIème siècle et allant chercher de nouvelles sources et idées, notamment en direction des pays orientaux. Qu'il s'agisse des matériaux, des sources d'inspiration, des décors, le style Napoléon III fait preuve d'une prodigalité exceptionnelle. Les cheminées font partie intégrante des éléments décoratifs qui bénéficient de la richesse de ce style, comme les miroirs, les candélabres, torchères et autres lustres. Ce renouvellement, à fortiori en ce qui concerne les cheminées, est dû en grande partie aux gigantesques travaux de modernisation de la capitale, entrepris par le baron Haussmann.